lundi 18 Déc 2017

La Patagonia (la Patagonie)

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LA PATAGONIE ou les Patagons sont peut-être des noms qui vous ont fait rêver. Alors, sachez que c’est Antonio Pigafetta, le chroniqueur de la première expédition de Magellan  autour du monde, qui fait mention d’une rencontre au début de l’année 1520 à San Julian d’une rencontre des membres de l’équipage avec un autochtone qu’il décrit comme « si grand que le plus grand de nous ne lui venait qu’à la ceinture » et à qui il donne le nom de « Patagon ». Par la suite, beaucoup se sont interrogés sur l’origine de ce nom et ont émis l’hypothèse d’une juxtaposition de « pata » (pied en espagnol) et du suffixe- augmentatif « on ». Un patagon serait donc un être aux grands pieds, une sorte de géant.
Quoi qu’il en soit les récits de voyageurs ont assimilé sous ce terme de « patagons » des indigènes qui vivaient aussi bien sur le versant atlantique que sur le versant pacifique de ces contrées septentrionales du continent comme de la terre de Feu et qui n’ont sans doute jamais eu le moindre contact entre eux.

A toutes fins utiles, on a l’habitude de distinguer :

 


- les Onas (ou Selknams) qui habitaient la Grande île de Terre de Feu et qui étaient des chasseurs-cueilleurs nomades se nourrissant principalement de guanaco (sorte de lama) ou de cormorans mais aussi de cétacés, mollusques et crustacés

 


- les Alacalufes (ou Kawéskar) qui vivaient dans le détroit de Magellan, la péninsule de Brunswick, l’île Wellington, l’île Santa Inés et les îles de la Désolation. C’était un peuple maritime nomade qui vivaient sur leurs canots et se procuraient leur nourriture exclusivement dans les eaux maritimes.

 


- les Yaganes (ou Yamanas) qui étaient des nomades vivant dans la partie sud de la Grande île de Terre de Feu ainsi que dans les autres îles situées plus au sud, de l’autre côté du Canal de Beagle jusque dans la région du Cap Horn. Ils se déplaçaient dans les multiples canaux de la région dans des canoés faits d’écorce de « lenga » (ou hêtre de Magellan) chassant aussi bien des oiseaux que des loutres de mers avec la peau desquelles ils faisaient leurs vêtements.



De ces indiens, bien peu survivent encore.

L'une des dernières Onas, Angela Loij, est décédée en 1974 tandis que le dernier représentant officiel du peuple Selknam  a disparu en 1999.

Dans les années 1930, les Alacalufes (ou Kawésqar) se sont sédentarisés sur l’île Wellington, dans le petit village de  Puerto Eden. De nos jours, très peu y subsistent. Le recensement chilien de 2002 a révélé que 2622 personnes s'auto-identifiaient comme Kawésqar (ceux pratiquant encore leur culture d'origine ou parlant leur langue maternelle). En 2006, seulement 15 personnes étaient encore de pure souche.
Cependant il est intéressant de noter qu’en 2012 les squelettes de cinq de leurs membres (parmi onze individus qui avaient été capturés en 1881 pour être exhibés au jardin d’acclimatation de Paris et au zoo de Berlin) ont été rapatriés vers leurs terres natales et inhumés selon leurs rites ancestraux.

Enfin,Cristina Calderon, née le 24 mai 1928 à Robalo, sur l’île Navarino, est la dernière représentante du peuple yagan et la dernière locutrice de la langue yagan, depuis la mort de sa sœur Úrsula, en 2003, puis de sa belle-sœur Emelinda Acuña, survenue le 12 octobre 2005. Elle a écrit un livre de contes yagans avec sa petite-fille Cristina Zarraga, intitulé Hai Kur Mamashu Shis (Je veux te raconter une histoire), et publié en 2005 et elle a également travaillé à un dictionnaire yagan. Elle vit actuellement à Villa Ukika, près de Puerto Williams.

Si je vous raconte tout cela, c’est pour vous inciter à faire l’effort de chercher à entrer en contact avec les derniers représentants de ces cultures en voie de disparition et de vous intéresser aux rares objets d’artisanat qu’ils proposent encore comme souvenirs pour tenter de préserver leurs traditions ancestrales. En particulier à Puerto Eden où vous trouverez d’assez beaux articles de vannerie ainsi que de jolies reproductions miniatures de canoës tels qu’ils pouvaient exister à l’origine. Mais aussi à Puerto Williams – et plus particulièrement dans la petite localité de Villa Ukika – où vivent toujours les derniers « yaganes » seuls encore capables de faire partager les us et coutumes de leurs ancêtres.


Dans un tout autre ordre d'idées, si vous passez par Punta Arenas, vous pourrez aller faire un tour à la Zone Franche, qui bien que totalement dénuée de tout charme offre cependant l’intérêt de proposer, sans aucune taxe, des produits importés tels que parfums, appareils photos, petit ou gros électroménager, hifi, matériel informatique etc… Là, dans un gigantesque centre commercial (Mall Zona Austral) regroupant plus de 80 boutiques vous aurez la possibilité de faire vos achats dans la limite d’environ 1000 euros par personne.