lundi 18 Déc 2017

Habitudes et expressions Chiliennes

Au cours d'un voyage au Chili, on est souvent surpris par le vocabulaire ou les expressions utilisées que ce soit dans le vocabulaire courant - celui que les chiliens utilisent dans la vie quotidienne et qui diffère de l’espagnol - ou dans le vocabulaire lié au tourisme.
Alors, voici quelques petites « clefs » pour vous y retrouver.

En matière d’hébergement :

Comme il n’existe pas de système de classification proprement dit, on peut s’y perdre entre les différentes dénominations.
Un «hospedaje » pourrait sembler être la catégorie la plus modeste mais comme c’est la plus répandue au Chili, on a souvent d’excellentes surprises. Dans la majorité des cas, ce sont des maisons de particuliers qui, outre le fait d’offrir des chambres avec petit déjeuner proposent aussi parfois un service de lavandería (laverie) bien pratique quand on voyage….
Une « residencial » ressemblerait davantage à une pension de famille….
Un «hostal » (cela fait un peut plus chic !) peut être plus proche d’une auberge mais comme il existe aussi des « albergues »…
Un « hotel » (ou « hostel ») pourrait se rapprocher le plus de nos hôtels tels qu’on les conçoit chez nous. Cependant, comme il n’y a pas de réglementation dans l’attribution des « étoiles » on ne peut pas y avoir recours pour juger de la qualité de tel ou tel établissement….
Alors le mieux c’est d’aller voir avant de se décider et de laisser tomber ses préjugés !

En matière de restauration: 

 En plus des 3 repas principaux (petit déjeuner ou "desayuno", déjeuner ou "almuerzo", diner ou "cena") il faut savoir que « tomar once »  est une institution au Chili. Cette expression qui littéralement signifie « prendre onze » et qui désigne en fait le goûter-repas que l’on prend entre 17h et 20h, viendrait du nombre de lettres du mot « aguardiente » (eau de vie). Elle aurait été utilisée au XIXème siècle pour cacher que l’on consommait de l’alcool…


Un petit coup d’œil donc sur ces 4 repas.

El Desayuno : il ressemble plus à notre petit déjeuner qu’à un petit déjeuner anglo saxon. A savoir du pain avec du beurre et/ou de la confiture, accompagné de thé ou de café avec ou sans lait. En matière de pain, vous aurez le choix entre la « hallulla » (sorte de pain non levé), la «marraqueta » (appelé aussi pain français), ou el " pan de molde" (pain de mie). Et il sera donc servi avec du beurre (mantequilla)  qui est en général salé et de la confiture (mermelada)  mais souvent aussi avec de l’avocat (qui se dit « palta » au Chili). Il peut également y avoir de la confiture de lait (manjar) et de fines tranches de fromage (queso) et de jambon (jamon). Selon les cas le café qu’on vous servira pourra être du café soluble et le thé, en sachet.

El Almuerzo : c’est le repas le plus important et qui se prend assez tard au Chili. Particulièrement à Santiago où on déjeune rarement avant 14h. En plus d’une carte et d’un menu traditionnel ("menu ejecutivo"), dans les restaurants plus populaires ou situés dans des quartiers où il y a une grande activité, à l’heure du déjeuner vous aurez la possibilité de choisir entre la "colación" ou el "menú del día", sortes de formules incluant souvent entrée, plat principal ,dessert et boisson, le tout au meilleur rapport qualité/prix.

La Once : bien évidemment ce sera si vous êtes logés chez l’habitant ou chez des amis que vous aurez davantage l’occasion d’apprécier ce repas qui, bien souvent remplace le diner. Mais il n’est pas rare non plus de voir vers 17h/18h des gens s’attabler dans des cafés pour commander soit du café ou du thé avec des gateaux (ils sont énormes, souvent avec beaucoup de crème ou de manjar et donc très sucrés) soit toutes sortes de sandwichs.

La Cena : ce repas du soir, comme le déjeuner se prend fort tard, notamment à Santiago. Que ce soit au restaurant ou chez des amis il n’est pas rare de diner à 22h . Sachez en outre que –comme chez nous - les restaurants sont parfois plus chers le soir car ils ne servent pas de menu. Et, pendant que j’y pense, je vous signale que les plats sont souvent servis « non garnis » et que la garniture ( agregado) est proposée à part et en sus. J’ajouterai aussi que pour les poissons- qui sont tous succulents- la meilleure façon de les déguster c’est « a la plancha con mantequilla » (grillés avec un peu de beurre). Ce qu’on appelle « meunière » ou « meniere »  au Chili étant une sauce genre béchamel.

Mais pour vous mettre l’eau à la bouche voici quelques exemples de la gastronomie chilienne :

La Empanada, sorte de chausson fourré . La plus classique, dite de  « pino » est fourrée à la viande et aux oignons avec un quartier d’œuf dur, une olive et des raisins secs. Mais il existe aussi une version feuilletée, frite et fourrée aux champignons, au fromage ou aux fruits de mer.
 

El chupe de mariscos, qui est un gratin de fruits de mer.
 

El Pastel de Choclo, sorte de hachis parmentier à base de maïs ("choclo") de viande de bœuf hachée et de poulet. Le tout légèrement sucré. 
 

El Bife a lo Pobre , plat qui n’a rien de pauvre puisqu’il consiste en un beefsteak auquel on rajoute un œuf, des oignons et des pommes de terre frites !

 
La Plateada, sorte de rôti de bœuf aux légumes, très juteux et cuit lentement à la cocotte. 


La Cazuela, pas bien différente de notre pot-au-feu, c’est un plat élaboré avec de la viande de bœuf  ("cazuela de carne") ou du poulet ("cazuela de ave") ainsi que de la citrouille (ou du potiron), du maïs et des pommes de terre. On y ajoute parfois du riz et d’autres légumes. 

Et j’attire aussi votre attention sur le Curanto, une spécialité de l’île de Chiloe qui se prépare traditionnellement dans un trou creusé dans la terre d’une profondeur d’environ 1 mètre et demi et recouvert de pierres chauffées au rouge par un feu de bois. Sur cette base on dispose en plusieurs couches du poisson, des fruits de mer, de la viande , des pommes de terre, des « chapaleles » (sortes de galettes de pommes de terre et de farine de blé). Chaque couche est recouverte de feuilles de « nalca » (rhubarbe chilienne) et le tout, de mottes de terre et de sacs humidifiés pour créer une sorte de marmite géante dans laquelle on laisse le tout cuire plusieurs heures. Ce curanto dit « en hoyo »  (dans le trou) a aussi sa version « a la olla » (à la cocotte) que l’on peut déguster plus facilement au restaurant. 

Avant de terminer ce chapitre sur la nourriture, je voudrais vous signaler trois choses :

D’abord que vous pourrez tout aussi bien remplacer chacun des repas par des sandwichs. C’est la grande spécialité chilienne et ils sont toujours excellents. Si vous êtes courageux, commandez un "completo", le plus populaire d’entre tous, qui comme son nom l’indique est « complet » en ce sens qu’il contient une saucisse, des morceaux de tomates, de la purée d’avocat, des oignons et le la choucroute. Avec en plus de la moutarde, de la mayonnaise, du ketchup et de l'"aji" (petit piment chilien) si vous le souhaitez plus relevé. Ensuite,un petit conseil si vous ne voulez  pas vous en priver: trouvez la technique pour avaler tout cela sans vous en « mettre partout ». Les chiliens sont experts en la matière mais pour ma part, je ne pourrai que vous souhaiter bonne chance !


Ensuite, si vous avez l’occasion, de goûter un asado (barbecue). C’est une autre des spécialités chiliennes et il est réputé pour la variété de ce qui le compose : des brochettes ("anticuchos") des cotelettes ("chuletas"), de l’entrecôte  ("lomo"), des saucisses ("salsichas") ou des "longanizas", un autre type de saucisses plus relevées et qui servent aussi à faire un « choripán » (un morceau de saucisse entre deux morceaux pain) que l’on sert généralement pour commencer.

Et enfin, que si la nostalgie de la bonne "bouffe", bien de chez nous, se fait trop sentir, il y a une adresse à connaitre: Le Bistrot (Santa Magdalena 80, local 7, Patio del Sol PROVIDENCIA. Tel:22 32 10 54). C'est central et pas cher. Si vous y allez, décomplexez, déculpabilisez et allez y "franco" en ne choisissant que des plats "FRANCHOUILLARDS". Inutile d'ajouter une petite touche chilienne, ça n'en vaut pas la peine!


En matière de conduite automobile :

Avant tout, je vous rappelle que pour conduire au Chili vous devez être en possession d’un permis international.
De plus, qu’on vous prête ou que vous louiez une voiture, vous devez absolument savoir :

- Que la nouvelle loi dite de « tolerencia cero » implique qu’il est désormais interdit de conduire avec plus de 0,3 gramme d’alcool par litre de sang (en France c’est 0,5) ce qui veut dire moins d’un ballon de vin ou d’un demi de bière. Et on ne plaisante pas avec cela en ce moment ! Les contrôles de carabiniers sont fréquents et la répression et les amendes distribuées sans merci.
- Que la vitesse est limitée à 60km/h en ville (parfois même à 50km/h), à 100km/h sur les routes (sauf indications contraires) et à 120km/h sur autoroutes (sauf indications contraires, également). Et surtout que vous devez allumer vos lumières (feux de croisement / codes), même en plein jour, mais dès que vous circulez sur route (qu’elle soit autoroute, grande route ou route de campagne).

- Que vous devez être particulièrement vigilants en ville parce que :

      1/ les feux tricolores sont placés de l’autre côté de la rue et souvent en hauteur, ce qui fait que parfois ils échappent à nos automatismes et que nous ne les voyons que « presque trop tard » !
     
 2/ il est impératif de respecter les signaux de stop (disco PARE). La priorité à droite n’étant pas une règle de base, si vous ne vous arrêtez pas complétement à ce signal, vous risquez l’accident.
 

     3/ notre habituel sens interdit (panneau rouge barré de blanc en son milieu) est remplacé soit par panneau blanc entouré de rouge avec, en son centre, une flèche verticale noire et barrée, soit par un panneau noir avec une flèche blanche indiquant le seul sens autorisé (senso unico).
 

En matière de relations humaines :

 C’est un vaste chapitre dont on peut difficilement faire le tour en quelques lignes, mais il est important que vous sachiez :

- Que la façon la plus commune de se saluer est de dire « hola » et « chao » pour prendre congé. "Buenos dias » (le bonjour du matin jusqu’à midi), buenas tardes (celui de l’après-midi jusque vers 20h), ou Buenas noches (le soir) sont des formes de politesse également utilisées, ainsi que « adios » (au revoir) ou  « hasta luego » (à bientôt).

- Que le tutoiement est beaucoup plus fréquemment utilisé que chez nous. Que le  vouvoiement (le« Usted » espagnol) reste de rigueur pour les achats dans les magasins, les demandes de renseignements etc…Et que le « vosotros » espagnol ( le « vous » de la deuxième personne du pluriel) n’est jamais utilisé et remplacé par « ustedes » si vous vous adressez à plusieurs personnes en même temps.

- Que l’on ne se fait qu’une seule bise sur une seule joue !!! Et si je le signale c’est qu’il faut vraiment perdre nos automatismes, sinon on se retrouve perdu, en train d’embrasser le vide ! L’ « abrazo » (accolade) restant réservé aux hommes.

- Que les chiliens sont très friands de mots doux. Il n’est pas nécessaire d’être intime pour que l’on vous dise « mi amor » (mon amour), « amorcito » ( mon petit amour), « linda » (ma belle) etc…Que les surnoms ou diminutifs sont plus qu'une habitude, presque une règle : Pepe (pour Jose), Lucho (pour Luis), Lalo (pour Eduardo), Pancha ou Panchita (pour Françoise), Chabela (pour Isabelle) etc…Sans compter tous les surnoms dérivés de qualités ou de défauts physiques : el guaton (le gros), el pelado (le chauve), la flaca (la maigre), la gorda (la grosse) etc…Cela peut surprendre, mais sachez que cela n’est jamais méchant. Cela fait partie des mœurs, sans plus. 

En matière de vocabulaire :

Que vous parliez ou non l’espagnol, il est toujours utile de connaître certains des particularismes chiliens (« chilenismos») auxquels vous ne manquerez pas d’être confrontés. Et que vous aurez peut-être du mal à retrouver dans un petit dictionnaire.


Pour ce qui est des fruits et légumes :

Palta (qui se dit « aguacate » en espagnol d’Espagne) = avocat
Choclo (« maiz » en Espagne) = maïs
Frutilla (« fresa ») = fraise
Damasco (« albaricoque ») = abricot
Durasno (« melocoton ») = pêche

Et pour les fruits de mer Choros ou Choritos (« mejillones») = moules
Sans oublier que le terme « ave » s’utilise souvent pour parler du poulet (« pollo »).

En ce qui concerne les expressions, interjections, que l’on entend «  à tout bout de champ » :
Cachaï = tu piges ?
Claro = bien sûr, évidemment

Apurate = dépêche-toi, vite
Al tiro = tout de suite, immédiatement
Chucha = merde, zut

Et il y a le fameux « huevon » qui fait partie intégrante de la syntaxe chilienne ! Le terme en lui-même signifie « couillon » et peut être amical ou injurieux selon le contexte. Mais il s’utilise un peu comme le « con » des gens du sud, c’est à dire comme une sorte de ponctuation. Je vous laisse deviner comment traduire «  hueva », «  puta la hueva » etc…


Si vous sortez…faire la fête ou « carretear »

Carrete = fête, sortie
Trago = boisson alcoolisée
Curarse = Emborracharse, embriagarse. = se saouler (et donc « curado » = saoul !)
Attention aussi avec le pololo (ou la polola) = petit (e) ami(e), ou le verbe « pololear »

Tachez d’éviter aussi bien celui ou celle qu’on qualifie de « cuico » (ou « cuica ») = qui « s’la pète » !, que son contraire : roto(a) = un peu « vulgos »…

Et si la soirée a été ratée, que tout était nul, vous pourrez dire que c’était « fome ».

 

Et pour acquiescer, commenter, émettre un avis :

On utilise indifféremment si (oui) ou ya (ouais)

Mais bien des chiliens ajoutent « po » qui est une contraction de « pues » qui signifie « donc ». Ainsi « si po », « ya po » ou « no po » pourrait être l’équivalent de ben oui,  ben ouais ou ben non.